Maisons des Chéroy


 
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 Un pélerinage imprévu

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La Hire

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Nombre de messages : 39
Date d'inscription : 18/01/2012

MessageSujet: Un pélerinage imprévu   Mer 18 Jan - 23:46

Alors qu'il se rendait avec Zelenka Dame d'Adonville à Sully sur Loire pour assister aux festivités données en l'honneur des noces d'Alexandre de Chéroy et de Kalimalice sa marraine, Etienne de Vignolles traversa un petit hameau. Quelques maisons, quelques âmes, de la fumée sortait des cheminées des maisons, petit signe de vie dans un endroit silencieux où l'hiver avait rendu rare toute activité extérieure. Les champs étaient déserts, la rue qui traversait le hameau l'était tout autant. Aucun bruit ne provenait des différentes fermes, le hameau semblait endormi comme engourdi par le froid hivernal.

Un petit château posé sur une petite colline jouxtait le village. Composé d'un petit donjon et d'un bâtiment principal, il était entouré d'un mur d'enceinte assez haut et muni de 3 tourelles de défense. Le chemin de ronde ainsi que les tourelles étaient surmontés de toits d'ardoise qui arrivaient au ras des créneaux de façon à cacher les hommes d'armes qui gardaient le château. D'une architecture assez simple, les défenses du château n'en étaient pas moins bien étudiées et tout soldat habitué à ces constructions se serait rendu compte que prendre d'assaut ce petit château n'aurait pas été une mince affaire.

Etienne de Vignolles poursuivait son chemin à travers le hameau mais son regard était attiré irrémédiablement par le château dont il ne pouvait se détourner. Ces tourelles, ce donjon ... Il ne les avait jamais vu puisqu'il n'était jamais venu dans cette contrée cependant l'impression de les connaitre l'envahissait au fur et à mesure qu'il les regardait. Elles semblaient lui venir du fond de sa mémoire comme des détails qu'il aurait entendu sans en avoir mesuré l'intérêt. Il fallait qu'il en ait le cœur net. Il s'arrêta et les regarda dubitatif, perplexe lorsqu'un homme revêtu d'un tablier de cuir de forgeron apparut de derrière un bosquet tenant un cheval de trait par de longs rênes qu'il tenait enroulés. La Hire tourna bride et s'approcha de l'homme.


Hola maitre forgeron. pourriez-vous me renseigner ?

P'tet bin q'oui mon gars tout dépend de c'que t'veux savoir ...

dites moi ... ce château ... comment se nomme le seigneur qui vit céans ?

L'seigneur ?? arf .... Il tire une bouffée sur sa pipe. Parti l'seigneur ! L'est v'nu un jour ... l'a vécu là quek temps, l'temps d'nous connait' nous tous qui vivont à Limiers ... pis comme c'tait un guerrier, s'en est allé guerroyer ... l'errait comme il aimait dire !!! ... il est rev'nu quek fois se reposer en son logis avant de r'partir de nouveau ... doit toujours errer avec sa cape azur et sa licorne d'ssus ... ou p'tet qu'y doit êt' mort ... va savoir ! En tout cas, son château n'a point bougé et nous l'entret'nons toujours pour qu'y soit toujours prêt quand y va rev'nir.

Les mots "Limiers" et "Licorne" résonnaient dans l'esprit de La Hire dont le rythme cardiaque commençait à s'accélérer.

Et comment se nomme ce seigneur ?

C'est l'sire Bulvaï d'Austrasie !! J'espère qu'y va bien car c'est un chouette gars !! Sire p'tet mais t'jours soucieux du bien-êtr' de ses gens. Tu l'connaissois ???

Un nœud vint nouer la gorge de La Hire qui mit quelques instants avant de répondre. Devait-il dire à cet homme ce qu'il était advenu de Bulvaï et qu'il reposait désormais auprès du Très-Haut ? Il jugea que ce n'était pas à lui de le faire.

Oui je le connais et la dernière fois que je l'ai vu, c'était en Alençon.

La Hire avala difficilement sa salive. Il venait de mentir à cet homme et il ne pouvait s'expliquer pourquoi. C'était sorti comme si Bulvaï était encore en vie, et même s'il avait porter le corps du défunt chevalier errant de la Licorne à son bucher mortuaire, il vivait toujours dans son cœur et dans sa mémoire. Il resta silencieux contemplant le château.

Bin c'est pas l'tout, j'vais y aller moi, les fers d'ce ch'val y vont pas s'changer tout seul !!! puis avant de s'éloigner: Si tu vois l'sire Bulvaï dit lui bien qu'on prend grand soin d'son logis et qu'y peut rentrer quand y veut !! A la revoyure mon gars !

L'homme tapa sur l'épaule de La Hire puis s'éloigna en direction de sa forge laissant l'écuyer du duc d'Alluyes à ses pensées. Immobile, Etienne resta un moment à contempler l'ouvrage militaire. Zelenka regardait le jeune homme pensif mais n'osait intervenir de peur de troubler les pensées de son camarade de guerre. Etienne se décida à s'approcher du château, il se tourna vers la dame.

Tu viens ?

N'attendant pas de réponse comme s'il était attiré par la demeure, il talonna doucement sa monture qui avança vers le pont levis. Zelenka fit de même poussée par la curiosité des lieux mais également par le comportement de son camarade. Le cœur de La Hire battait la chamade lorsqu'il posa pied à terre devant le pont levis qui était baissé. Il passa sous la herse tenant son cheval par la bride pour se retrouver dans la cour intérieure face à l'entrée du donjon. Tournant sur lui-même, regardant le haut des tours et du chemin de ronde, il laissa choir les rênes de sa monture qui se dirigea vers l'abreuvoir laissant son cavalier hors du temps présent. Sans savoir où il allait, il fit le tour du donjon avant de monter sur le chemin de ronde qu'il se mit à parcourir lentement, repensant à chaque détail qu'aurait pu lui donner son mentor durant ses nombreux récits.

Conscient d'être là, dans le logis de feu son maitre dont il n'aurait jamais imaginé fouler le sol, La Hire s'assit entre deux créneaux, jambes dans le vide au dehors de la muraille face au hameau de Limiers et laissa vagabonder son esprit au gré des souvenirs qu'il avait de l'errant.

Le froid et la clarté du soleil qui assombrissait le ciel au fur et à mesure que l'astre descendait à l'horizon derrière la brume tirèrent Étienne de ses pensées. Il redescendit lentement des remparts comme ressourcé par ce long moment imprévu passé sur les remparts, mais surtout passé en compagnie de l'esprit de l'errant et retrouva Zelenka qui l'attendait. Il inclina doucement la tête mais les mots lui restaient coincés dans la gorge comme encore nouée par l'émotion. Il lui fit un petit sourire complice comme pour s'excuser de l'avoir laissée seule puis il monta sur son cheval et tourna bride pour être face au donjon. Conscient qu'il venait de vivre un moment important comme s'il venait de suivre la dernière leçon de son maitre, comme si la formation qu'il avait reçu de la part du chevalier errant était désormais terminée, il s'adressa doucement au maitre des lieux désormais absent à jamais.


Vous pouvez reposer en paix Messire Bulvaï ... A jamais j'honorerai votre mémoire et vous ferai honneur. J'en fais serment.

Il se signa et éleva une rapide prière en direction du Très-Haut pour le remercier de l'avoir conduit en cet endroit où il avait pu se rapprocher une dernière fois de son maitre disparu. Les deux compagnons d'armes repassèrent sous la herse et prirent lentement la direction de Sully sur Loire. La Hire avait le cœur en fête et l'esprit désormais totalement libre. Il retrouva rapidement sa bonne humeur et se tourna vers Zelenka

Un jour, il faudra que tu me fasses visiter tes terres !

Il était heureux, libre, apaisé, en charmante compagnie, que pouvait-il demander de plus ?

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