Maisons des Chéroy


 
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 Au coin d'un bon feu.......

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leanore

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MessageSujet: Au coin d'un bon feu.......   Lun 31 Mar - 22:30

Elle le précéda, courant presque. Un bon feu crépitait dans la cheminée. Les flammes dansaient, emmenant dans leurs volutes, tant d'espoirs.


Il faisait chaud..... Quelques tapisseries flamandes couvraient les murs, cadeaux de son frère et cousin. Un autre jonchait le sol, Quelques sièges étaient disposés au devant, un guéridon attendait le plateau.

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La Hire

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MessageSujet: Re: Au coin d'un bon feu.......   Ven 11 Avr - 20:35

Etienne avait accepté la main tendue de Leanore. Il avait enlevé son gant, l'avait glissé dans son ceinturon puis s'était docilement amené à travers le château jusqu'à un petit salon aux murs garnis de magnifiques tapisseries. Lorsqu'il entra à la suite de son hôtesse, La Hire constata avec plaisir qu'un bon feu crépitait déjà dans la cheminée et qu'il chauffait doucement la pièce. Il enleva son manteau et le jeta négligemment sur une chaise avant de se diriger vers le foyer. Il tendit les mains paumes face au foyer et sourit en sentant la douce chaleur lui réchauffer doucement les mains et les avant-bras. La Hire était certes un homme habitué à vivre en extérieur, il n'en supportait pas pour autant le froid, la grisaille l'humidité et encore moins la neige !

Il se retourna et regarda la pièce avant de se diriger vers Leanore qui l'attendait. elle se tenait debout contre un mur guettant son invité auto-proclamé qui s'approcha d'elle. Il lui sourit, attendit un instant avant de lui prendre la main.

Cherchant à rompre le silence son regard se tourna vers une magnifique tenture suspendue au mur dans le but de briser le froid qu'il ramenait avant d'ajouter en connaisseur

point de Flandres ??
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leanore

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MessageSujet: Re: Au coin d'un bon feu.......   Sam 12 Avr - 10:05

Adossée à un mur, elle goûta l'instant, silencieuse. Ils étaient seuls, elle avait fermé la porte derrière elle, et elle avait comme le sentiment de l'avoir kidnappé. Plus de foule assistant au couronnement du Duc, plus de camarades de la garde ducale autour d'eux qui avaient peut être vu le rapprochement de ces deux-là, plus de nobles assis avec eux autour de la table du Salon de Fauville. Elle le vit jeter son manteau avec désinvolture sur un siège, déjà conquérant, prenant possession des lieux, puis elle prit le temps de l'observer pendant qu'il se réchauffait les mains. Le silence n'était pas pesant, il était rassurant. Elle écoutait le craquement du bois à peine sec, aucun bruit dans les couloirs avoisinants, ni même un juron venant de la cour. Les flammes lançaient des reflets sur le visage dont elle ne voyait que le profil, elle ne put voir s'il souriait, s'il était pensif, heureux ou grave.

Il vint vers elle, doucement et lui prit la main, de la même manière naturelle qu'il l'avait fait dans la salle des gardes avant de partir pour la cathédrale. Avait-elle si froid pour les sentir aussi chaudes ? Elle serra doucement ses doigts sur les siens, son regard porté sur le visage d'Etienne. Il rompit le silence

point de Flandres ??

Elle allait répondre lorsqu'un cliquetis se fit entendre du côté de la porte. Instinctivement, comme prise en faute,  elle retira sa main. La jeune domestique entra portant du vin chaud, une brioche et un pot de Cotignac, production des terres de Sennely. Elle fit une légère révérence avant de sortir. Léanore la trouva lente à s'exécuter et se retint de lui faire la remarque car ce n'était pas dans ses habitudes de houspiller les domestiques.

La porte se referma de nouveau sur eux. Léanore s'approcha d'Etienne et prit les deux mains, comme pour se faire pardonner d'avoir rompu le lien.

Elle hocha doucement la tête

En effet Etienne..... Tu connais ? Tu sais je ne sais pas si beaucoup le savent mais en réalité je ne suis pas née en Orléanais. Je suis née en Flandres et je ne le sais que depuis peu. C'est une longue histoire........ J'ai donc de la famille là-bas, un frère. La plupart des ces tapisseries viennent de sa manufacture.

Elle le regarda, mourant d'envie de lui demander la raison de sa visite même si elle pensait la connaître. Sans doute avait-elle envie de l'entendre. Elle secoua la tête..... Non...... Les mots étaient inutiles, ils viendraient bien lorsqu'il en déciderait.

Je suis bien heureuse de ta visite. Il vient si peu de monde ici. En même temps c'est mon havre de paix, mon repère, mon jardin secret.

Elle rougit.....qu'il ne se méprenne pas...... il ne la dérangeait pas bien au contraire

Mais.......que tu viennes un peu bousculer mes habitudes me ravit. Il y a tant de belles choses à voir ici. Saches que tu es le bienvenu et considère que tu es chez toi

Une invitation ? Pratiquement...... Elle l'attira vers elle, rougit un peu de son audace, et l'emmena vers le petit guéridon pour lui servir du vin chaud.

Voilà qui va te réchauffer tout à fait et je te conseille cette délicieuse gelée de coing faite ici sur mes terres. Tu verras......


Oui.... Elle avait tant à lui montrer : les étangs, le bois, le château simple, un peu délabré à certains endroits......

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La Hire

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MessageSujet: Re: Au coin d'un bon feu.......   Mer 30 Avr - 19:16


Etienne écoutait Leanore lui parler de son domaine, de son havre de paix, son repère où visiblement elle se ressourçait. Il n'avait aucune peine à la croire tant l'endroit était différent du sien. La Hire était un homme issu de la terre que le hasard avait mis sur le chemin des armes et de la guerre. Si l'Errant de la Licorne ne s'était pas arrêté dans la ferme familiale, le jeune homme y serait encore à travailler la terre et élever du bétail. Mais le destin joue parfois des tours aux Hommes. Au lieu de cela il avait suivi une route qui l'avait menée en Orléans, puis à Ecrosnes désormais sa terre. Il s'était entouré d'amis qu'il avait rencontrés durant son périple et des gens qui vivaient dans le hameau non loin du château. Enfin, c'était plus une demeure seigneuriale un peu délabrée qu'un château digne de ce nom. A l'instar de La Hire, ces compagnons étaient de bons vivants qui aimaient le bon boire et le bon manger. Ils se défiaient souvent, se mesuraient amicalement aux armes, se battaient amicalement, se chamaillaient. Ca chantait dans les champs, ça braillait d'une maison à l'autre comme en Sicile. Il y avait de la vie, peut-être même un peu trop mais les lendemains de beuverie étaient d'un calme plutôt trompeur. Il fallait bien se refaire une santé. Ecrosnes était donc tout sauf un havre de paix, hormis peut-être en hiver où chacun restait bien au chaud en son logis. Du coup Etienne trouva Sennely bien calme et il se surprit à apprécier le silence et il en apprécia d'autant plus le lieu.

Lorsque la domestique eut refermé la porte derrière elle, Leanore reprit ses mains dans les siennes. Il n'avait pas spécialement fait attention lorsqu'elle lui avait pris la main pour l'amener au petit salon, geste attentionné d'une hôtesse qui amène son visiteur vers un endroit calme et tranquille. Mais en cet instant où elle réitérait son geste, la sensation de sentir la main de Leanore quitter rapidement la sienne à l'arrivée de la domestique tel l'enfant se faisant prendre les doigts dans le pot de confiture lui revint en mémoire et il sourit en lui-même. Puis Leanore se rapprocha de lui, lui souhaita la bienvenue, elle l'attira subrepticement à elle, avant de le conduire vers un petit guéridon pour lui servir un vin chaud. Etienne adorait le vin chaud et ses senteurs de cannelle, de pomme et d'orange. Il en buvait régulièrement en hiver, souvent, beaucoup… agréable sensation en bouche et douce chaleur envahissante pour un frileux tel que lui. Mais en cet instant où l'hiver était loin contrairement à Leanore maitresse des lieux et d'elle-même, La Hire avait tout sauf froid, d'ailleurs rarement il avait eu si chaud. Leanore en quelques gestes et regards avait soudainement fait augmenter la température ambiante du salon.

Puis la jeune femme lui proposa de la gelée de coing. Etienne la gouta et l'apprécia plus en l'honneur de Leanore qu'à son goût. Il en avait déjà mangé quelques fois, suffisamment pour se rendre compte que celle présentée était particulièrement bonne et c'était bien là l'atout de cette gelée : c'était celle de Leanore. La Hire était plutôt du genre salé : les saucissons, les terrines, les pâtés. S'il aimait les fruits, il n'aimait pas spécialement le coing immangeable autrement qu'en confiture. Il aimait bien manger les fruits qu'il cueillait directement sur l'arbre ou sur la plante. Tout à la source, comme l'eau fraiche et limpide. Comme pour Leanore en ce moment, Etienne était venu à la source. Il en pinçait pour la belle médecin depuis ce baiser sous le gui dans la salle des gardes. Il ne savait pas trop comment le lui dire, lui rustre et elle discrète et réservée. Comment lui avouer qu'il n'avait pas été insensible à ce baiser et qu'il y pensait tous les jours depuis ? Il voulait comprendre avant de lui déclarer sa flamme et savoir si ce baiser que lui avait donné Leanore avait été le fruit d'une envie encouragé par l'excuse d'une légende ou simplement la conséquence de la légende parlant d'une boule de gui un jour de l'an ? En cet instant, La Hire hésitait. Devait-il lui dire la raison de sa venue en son domaine ? Il était venu pour cela mais il redoutait un échec. Leanore était différente de toutes les femmes qu'il avait pu rencontrer, pas forcément aimer non, Leanore était différente et Etienne était sous le charme. Il se lança plus ou moins maladroitement.

Je … je ne voudrais pas bousculer tes habitudes mais je suis heureux d'être ici … avec toi … d'ailleurs, ça ne fait pas curieux un patient chez son médecin ?

Etienne regarda Leanore … un sourire se dessina sur son visage …

Je suis heureux d'être là … avec toi … et puis tu as un excellent vin chaud …

Etienne se gratta la tête en proie au doute : et si Leanore n'éprouvait rien pour lui ? Il hésita ..

Dis moi ….. je ... je voudrais savoir une chose …. Puis il se ravisa timide et fit diversion … est-ce que je suis vacciné contre toutes les maladies connues ??

Il se mordit doucement la lèvre inférieure conscient de sa lâcheté et se maudissant.
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leanore

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MessageSujet: Re: Au coin d'un bon feu.......   Jeu 15 Mai - 16:39

Il porta la corne à boire à ses lèvres, et la jeune femme l'accompagna du même geste tout en l'observant par dessus l'hanap. La première chose qu'elle voyait était sa chevelure qui pour ce jour était retenu par un catogan. Ô comme elle aurait aimé y passer ses doigts fins, retirer le petit noeud, et pourquoi pas le dérober pour le garder comme un trophée. Ses yeux se portèrent ensuite sur les lèvres sans doute gourmandes et une légère rougeur lui vint aux joues. L'effet du vin peut être, la chaleur des flammes, la présence de cet homme qui semblait si sûr de lui ou ses pensées vagabondes.

Ils goûtèrent en silence la gelée....et Léanore acquiesça de la tête..... Oui ses paysans avaient encore fait des merveilles cette année. Fournisseur officiel de Cotignac à la Maison Royale, elle se réjouit à l'avance : sa réputation ne serait pas entachée avec cette "cuvée".

Elle prit le prétexte de poser le gobelet sur le guéridon pour s'approcher un peu plus de son visiteur inattendu. Elle le vit se gratter la tête, geste qu'il faisait souvent lorsqu'il semblait embarrassé et elle l'avait remarqué aussi souvent en sa présence.

Je … je ne voudrais pas bousculer tes habitudes : oh si bouscule-les..... bouscule-moi un peu, je ne suis pas si fragile, semblaient dire ses yeux posés sur Etienne

mais je suis heureux d'être ici … avec toi … d'ailleurs : et moi si tu savais comme mon coeur se réjouit de te voir ici, dans cette pièce, dans mon univers. C'était les mots cognés par ce même coeur dans sa poitrine

ça ne fait pas curieux un patient chez son médecin ? : je ne suis pas médecin ici, je suis juste une jeune femme, semblaient dire ses lèvres un peu tremblantes.

Et encore ce petit gratouillis de la tête. Elle le fixait du regard, cruelle dans le sens où elle le laissait un peu se dépatouiller avec ses pensées, attendant ce qu'il allait dire, impatiente.

Un début de phrase, un arrêt puis une conclusion ou plutôt une question.
Dis moi ….. je ... je voudrais savoir une chose …Est-ce que je suis vacciné contre toutes les maladies connues ??

Diantre elle ne s'attendait pas à cela. Elle prit le temps de poser le gobelet sur le guéridon.

Mais Etienne, tu es venu jusqu'à chez moi pour me demander cela. Es-tu malade ?

Une inquiétude déjà et sa main douce se posa sur le front de l'homme pour en estimer la fièvre, ses yeux étaient brillants, mais était-ce un signe de maladie ? Elle secoua la tête, rien ne présageait une rechûte ou un prémice.

Tu es immunisée contre deux des trois maladies connues. Mais pour l'heure je pense que tu es en très bonne santé.....

Elle pencha la tête un peu sur le côté, interrogative. L'homme si fort avait-il une quelconque faiblesse quelque part ? Et si sa question n'était qu'un prétexte pour venir la voir..... elle ?

Elle lui prit de nouveau les mains et l'invita à s'assoir avec elle sur la banquette au velours un peu élimé et qui faisait face à l'âtre. Elle sentit ses mains trembler un peu et attentive, il lui semblait que celles d'ETienne n'étaient pas dans un meilleur état. Soudain, des souvenirs pas si vieux que cela  surgirent comme une évidence. Elle revit ce jour de l'an dans la salle des gardes ducaux. En fille fidèle de la nature et des traditions celtes elle avait accroché un bouquet de gui et s'était promis d'embrasser le premier qui passerait. Et ce fut Etienne... Geste anodin sans préméditation aucune, un baiser chaste sur une joue pour souhaiter le bonheur. Cela aurait pu être le Duc, ou Dada, Ursus, ou même les femmes de la garde Kalimalice ou Aegidia. Le hasard avait voulu que ce fut Etienne. Hasard, destin.... Au moment où elle s'échappait, il l'avait rattrappé par le bras pour à son tour lui planter un baiser sur la joue. SA main d'homme sur son coude l'avait un peu électrisée. DEpuis, il lui avait semblé que le destin les faisait souvent se retrouver face à face, se jouant d'eux peut être. En sa présence, elle retenait un rougissement, s'éclipsait trouvant mille excuses. Mais il fallait bien se retrouver pour recevoir les ordres de la garde et surtout du beau capitaine, comme le jour du courronnement où agacé par les taquineries de Kali et d'Aegidia, Etienne faisait mine de s'énerver. Elle avait posé sa main sur son bras pour lui apporter apaisement et il l'avait saisi pour ne plus la lacher. C'était ce même tremblement qu'elle retrouvait là à cet instant. Le supplice était autant pour lui que pour elle, il fallait en avoir le coeur net. Elle baissa la tête un peu pour trouver les mots, la relevait doucement, se mordant la lèvre infèrieure comme à chaque fois qu'elle était nerveuse. Voulait-elle retenir ses paroles qu'elle regretterait peut être longtemps. Ouvrir son coeur n'était-il pas dangereux, se mettre à nue l'affaiblir. Elle ne voulait plus souffrir. Elle avait enveloppé son coeur d'une carapace, Sennely en était l'écrin. ET voilà qu'un chevalier venait là faire tomber toutes les murailles de sa forteresse sentimentale.

Etienne...... Sache que si tu es malade, je veux être la seule et unique personne à te soigner. Tu..... J'ai...... Enfin je veux dire quelque soit la maladie qui te ronge. Je passerai mes nuits s'il le faut à ton chevet pour te rendre la santé, j'escaladerai les montagnes, traverserai les fleuves, parcourerai les campagnes pour trouver la simple unique qui te soignerait. J'ai envie de te voir vivre, sourire, rire, boire, manger, ripailler et pouvoir t'accompagner pourquoi pas dans tout cela

ET bien...... Que pouvait-elle dire de plus. Des mots sibyllins, à double sens, les comprendrait-il ? Elle n'en doutait pas un instant. POurtant elle ajouta

A vrai dire, je crois pouvoir dire que je tiens beaucoup à toi et je suis soucieuse de ton bien être plus qu'à quiconque

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La Hire

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MessageSujet: Re: Au coin d'un bon feu.......   Dim 18 Mai - 9:52

Les paroles de Leanore touchèrent le cœur d'Etienne. Elle venait de lui avouer qu'elle tenait beaucoup à lui et qu'elle était soucieuse de son bien-être, ce dont le jeune homme ne doutait pas. Cependant au lieu de le rassurer, elles ne firent qu'augmenter la pression. Il n'était pas venu à Sennely pour rien, il était venu dans le seul but de la voir elle. De voir si elle avait quelques sentiments pour lui qui ne pensait plus qu'à elle depuis cette bise sur la joue, sous le gui ! Son quotidien qu'il partageait avec les autres membres de la garde ducale n'était dirigé depuis quelques mois que par une seule pensée : Léanore !! La garde ducale, Leanore, le gui … le destin assemblait lentement les éléments destinés à unir deux êtres et se jouait d'eux. Pendant des années Etienne avait juré à qui voudrait l'entendre qu'il ne tomberait pas amoureux, qu'il préférait rester seul, vivre libre, et jour après jour depuis cette rencontre particulière avec Leanore, toutes ses résolutions et ses convictions tombaient telles les murailles d'un château conquis qu'on abat. Le piège se refermait sur Etienne … non, il avait sauté délibérément dedans !

Leanore venait d'entrouvrir son cœur et avait laissé parler ses sentiments. Alors qu'elle lui parlait d'escalader des montagnes ou de traverser des fleuves pour trouver l'ingrédient avec un I majuscule qui le soignerait, La Hire comprit que ses sentiments étaient réciproques et tandis qu'elle continuait de lui parler, Etienne ne l'écoutait pratiquement plus … "Embrasse-moi fougueusement qu'on en finisse !" pensait-il, désireux de ne pas avoir à lui déclarer sa flamme. Il était fort et fier, intrépide, courageux, sans peur devant son ennemi, cependant aujourd'hui à Sennely, devant Leanore, femme qui lui faisait comprendre ses sentiments, Etienne était un homme peu hardi voire couard. Il tenta de se reprendre afin de sauver la face.

De toute façon, c'est évident que c'est toi qui me soignerais si j'étais malade : je ne connais que deux médecins, toi et Arthur et je préfèrerais que ce soit toi qui me vois nu si ……………………… il stoppa net sa phrase conscient qu'il venait de parler de nudité, de la sienne, qui serait offerte à la vue voire à la palpation de Leanore en qui il ne voyait plus le médecin mais la femme, celle qui l'attirait, celle dont il ne restait plus un instant insensible au moindre contact de sa main féminine et délicate sur son corps.

Sa température interne augmenta immédiatement Son visage s'empourpra immédiatement. Il détourna un instant le regard se gratta la tête d'un mouvement bref et énergique. Elle venait de lui ouvrir son cœur, il ne pouvait plus avoir de doutes, il fallait qu'il se livre, mais dans ce genre d'exercice auquel il était peu habitué, La Hire ne savait y faire. Quand il sentit que son visage reprenait une couleur normale, il attrapa le verre de vin chaud, le but d'un seul trait pour se donner du courage puis le reposa sur la table et fixa Léanore.

Oui, j'aime rire, manger, boire, ripailler … j'aime tout cela et tu as du t'en rendre compte lorsque nous sommes en mission avec la garde d'Arthur. Ta présence dans notre troupe fait de cette mission un plaisir. …

petite pause, petit pincement des lèvres inférieurs, Etienne prit la carafe de vin chaud et se resservit un verre qui descendit dans son gosier aussi vite que le précédent, heureusement que le vin avait refroidi un peu depuis qu'il leur avait été apporté. Galvanisé par l'orange, les pommes et le délicieux arôme de cannelle, Etienne reprit.

Leanore, comment te dire ? … J'aime que tu sois prêt de moi mais je pense que tu as du t'en rendre compte lorsque je transmets mes ordres, tu n'es jamais loin.... et ce n'est pas du fait que tu sois novice dans le métier des armes car tu fais du bon trav ...  

Conscient qu'il se noyait dans des évidences et qu'il s'éloignait du sujet, Etienne lâcha le morceau.

Leanore, j'en veux plus aujourd'hui. Je veux rire, manger, boire, ripailler avec toi, et j'aimerais que tu fasses partie de mon quotidien … ces voyages dont tu parles, je veux les faire avec toi … nul n'est plus sensible à ton bien-être, à ton bon–brève hésitation-heur que moi !! ... Je suis malade Leanore, j'ai mal au cœur. Il lui prit la main et la posa sur sa poitrine. Tu sens qu'il bat j'en suis sur … Il a besoin de savoir s'il bat juste … s'il bat en mesure avec un autre ……..  …………  ……. Avec le tien.

Effort surhumain pour lui, La Hire souffla doucement comme s'il venait de passer une épreuve puis regarda Leanore dans les yeux en se pinçant la lèvre inférieure.
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leanore

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MessageSujet: Re: Au coin d'un bon feu.......   Dim 18 Mai - 20:01

Il la regardait pendant qu'elle parlait, pendant qu'elle se livrait. Ô ce regard posé sur elle, qui pouvait l'intimider comme la flatter. Et plus elle parlait, plus elle avait l'impression que ce regard la transperçait.
Lorsqu'elle se tut, un silence minime s'installa.....Puis une pirouette encore d'Etienne. Et bien qu'elle commençait à être habituée par ses fanfaronnades elle eut peur soudain de s'être trompée, regrettant presque ses paroles. Cependant elle ne pouvait penser que derrière cet homme qui crânait devant ses frères d'armes, pouvait se cacher comme souvent un coeur tendre.
La fanfaronnade la fit rougir, idiote qu'elle était. Elle était médecin et la vue des corps ne l'émouvait pas plus que cela. Sauf que celui-ci était différent non pas par son anatomie, qui n'était qu'une enveloppe charnelle et qui ressemblait à n'importe quel corps mais bien par l'âme qu'elle renfermait.
Elle le vit finir son verre puis aussitôt il enchaîna pour lui avouer enfin ce qu'elle espérait entendre passant par des chemins détournés, stratagème identique à celui qu'elle avait utilisé quelques minutes plus tôt. Etait-ce un signe ? Signe qu'ils se ressemblaient, qu'ils ressentaient la même émotion qui fait qu'on se trouve bête devant l'être que l'on espère. Etait-ce déjà de l'amour ? Ils avaient compté l'un sur l'autre pour faire le premier pas, et chacun son tour avait posé des pierres sur le chemin de l'aveu afin que l'autre vienne vers lui. Petit à petit les pierres posées ne formaient plus qu'un seul sentier, et ils étaient là à présent face à face n'ayant plus comme dernière alternative que de se prendre la main et de poser ensemble des pierres communes afin de poursuivre d'un seul pas.  

SEs paroles atteignirent son coeur. Ce coeur qu'elle pensait fermé à tout jamais. Son horizon s'éclaircit soudain, elle, qui avant l'avènement de Arthur au trône ducal, avait songé à se retirer définitivement dans un couvent. Et lorsqu'il lui prit la main, si fort presque à lui faire mal, qu'il la posa sur sa poitrine, qu'elle sentit le coeur d'Etienne battre sous sa paume, le sien se mit à battre plus fort, comme s'il se réveillait d'un long sommeil.

Il se tut. Tranquillement elle prit la main d'Etienne et la posa sur le haut sa poitrine du côté gauche. Son souffle était court.

Ecoute......Sens..... Mon coeur bat au même rythme que le tien Etienne. J'ai les mêmes envies que toi.....

Elle s'approcha un peu plus, puis posa sa main sur la joue d'ETienne, geste qu'elle ne se lasserait plus jamais de faire à présent. Ses joues avaient légèrement rosi, ses yeux étaient remplis d'amour, ses lèvres tremblaient. Tout son corps était devenu un cri silencieux qui l'appelait à ce qu'il ose prendre sa bouche. Il l'avait conquise.....

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La Hire

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MessageSujet: Re: Au coin d'un bon feu.......   Sam 24 Mai - 6:46

Etienne se demanda un instant si les valets de Leanore n'étaient pas venus charger la cheminée en bois et attiser les flammes avec un gros soufflet ou si c'était lui qui bouillait de l'intérieur. Un rapide coup d'œil vers la cheminée lui indiqua que la seconde option était la bonne. Toujours perdu dans les yeux de Leanore dont il ne pouvait détacher son regard, cet échange de mains posées sur leur poitrine allumait en lui un feu brûlant. Il sentait couler quelques gouttes de sueur sur ses tempes et il savait que l'origine ne pouvait être le vin tellement son cœur battait la chamade dans sa carcasse. Quand Leanore avait pris sa main pour la lui poser sur son cœur, celui d'Etienne avait encore accélérer la cadence. Il battait à tout rompre mais il tenait bon … "Allure vive" comme on dit dans les galères ! Mais en cet instant, Etienne était avec Leanore sur une mer d'huile, dégagée tout azimut … seuls au monde.

Sa main posée sur la poitrine de Léanore, il sentit lui aussi les pulsations de l'organe puis soudain, il eut conscience qu'elle lui avait posé sa main sur le haut de son sein. En une fraction de seconde, La Hire vira pivoine et son cœur s'emballa. Il la touchait en une partie intime, ce contact n'avait plus rien à voir avec une main posée sur un avant-bras. Le désir de l'embrasser fougueusement monta en lui …

Ecoute......Sens..... Mon coeur bat au même rythme que le tien Etienne. J'ai les mêmes envies que toi..... Lui dit-elle …

Les mêmes envies … Sans déconner !!…. S'il s'écoutait, Etienne l'aurait pris dans ses bras et l'aurait embrassé immédiatement, longuement, voluptueusement … Il la regarda dans les yeux, il voyait ses pupilles danser…

Puis Leanore mit sa main sur sa joue laissant celle d'Etienne sur son cœur et La Hire sentit son pouce frôler ses lèvres. La sienne qui demeurait toujours sur le cœur de la jeune femme descendit doucement, contournant son sein dont le contact plus soutenu aurait immédiatement allumé l'incendie en lui, puis elle descendit pour s'arrêter sur sa taille, comme s'il voulait ne plus se détacher de ce corps qu'elle lui avait permis de toucher … comme s'il voulait d'une pression des doigts lui faire comprendre qu'elle pouvait se rapprocher de lui. Etienne regarda les lèvres de Léanore qui tremblaient légèrement, lui, c'était tout son corps qui tremblait imperceptiblement.

Léanore …. je ...

Il ne put en dire plus pour le moment, timide, ses yeux parlaient pour lui.
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leanore

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MessageSujet: Re: Au coin d'un bon feu.......   Sam 24 Mai - 19:59

Elle posa son pouce sur les lèvres d'Etienne tandis qu'elle sentait sa main descendre le long de son flanc pour aller se poser sur sa taille. Elle frissonna à ce contact, sentant une légère pression sur le creux.

Pourtant elle était calme, aussi calme que le jeune homme pouvait être en ébullition. Elle le sentait, le voyait, s'en amusa un peu intérieurement, pour ensuite aussitôt le regretter et trouver un moyen d'aller à son secours.

Elle fit glisser ses fesses sur le banc molletonné et bientôt ses cuisses touchèrent celles d'Etienne.

Léanore …. je ...

Elle posa ses doigts sur la bouche pour le faire taire, freinant l'envie d'y poser ses lèvres. Elle baissa la tête vers la main posée sur sa taille puis doucement, la déplaça faisant en sorte qu'elle arrivât de l'autre côté et que le bras vint à l'enlacer.
La chose faite elle releva la tête et à présent, ses joues étaient devenues de feu, ses yeux noirs étaient de braise, la bouche si sèche et qui avait besoin de s'abreuver. Elle ferma les yeux imaginant les mots qu'il tentait de prononcer, les savourant à l'avance.

Moi aussi Etienne..... Je......

Mais là s'il te plaît...... embrasse-moi, tu as pris mon coeur, prends à présent ma bouche.

Elle  ne pouvait plus attendre car c'était elle maintenant qui était torturée.

Elle pencha la tête doucement sur le côté, approcha sa bouche, les lèvres légèrement entrouverte, et elle provoqua la rencontre, comme ce matin du 1er janvier, où elle l'avait embrassé innocememnt sous le gui. Cependant, ce jour, le baiser n'était plus si candide, et les intentions étaient bien préméditées. Ces deux êtres semblaient être attirés l'un vers l'autre, leur peau ressentait une brûlure lorsqu'il advenait qu'ils se touchaient, leur coeur battait au même rythme et l'un pour l'autre. Il fallait à présent qu'il ne fasse qu'un..... et cela ne pouvait être autrement que par le baiser. Il était la fin d'une longue période d'interrogation et le début d'une éternelle évidence. ETienne et Léanore s'aimaient.

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La Hire

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MessageSujet: Re: Au coin d'un bon feu.......   Mar 27 Mai - 6:55

Lorsque Leanore prit la main d'Etienne pour la glisser dans son dos, Etienne ne dit mot, se laissant guider, sentant sur le bout de ses doigt le corps de Leanore, sa chaleur, ses mouvements imperceptibles à travers l'étoffe de son vétement. Il appliqua néanmoins vers le corps de Leanore une légère pression afin de lui faire comprendre qu'il souhaitait qu'elle se rapproche de lui. L'heure n'en était plus au convenance il avait envie de goutter ses lèvres, de les sentir sur les siennes, de sentir sa langue ... Il avait envie de la serrer dans ses bras, de la plaquer contre son corps pour être certain qu'elle ne partirait pas. L'embrasser longuement en signe de son amour pour elle, une façon silencieuse de lui déclarer sa flamme, de lui dire qu'il resterait désormais à ses cotés, qu'il l'aiderait, qu'il la défendrait, qu'il l'aimerait ...

Elle pencha sa tête sur le coté, lui proposant ses lèvres où il appliqua doucement les siennes. Long baiser, légers tremblements, sorte de pacte d'amour signé entre eux, échange magique d'énergie interne, vivante, immatérielle entre deux êtres qui s'aiment.

puis le silence lorsque le contact entre leurs lèvres fut rompu. Etienne regarda Leanore, ne put que lui sourire doucement mais dans ses yeux brillait désormais un feu entretenu par l'amour. Rien ne serait plus comme avant désormais. Souvent seul, souvent solitaire, vivant au jour le jour sans souci du lendemain, il savait que désormais il partagerait le quotidien de la belle Dame de Sennely, et réciproquement.

Un sourire, une douce caresse sur les joues de Leanore, le temps s'était suspendu à Sennely et le reste du monde pouvait s'écrouler, Etienne en avait cure.

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