Maisons des Chéroy


 
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 Petite visite, grande perspective.

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La Hire

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MessageSujet: Petite visite, grande perspective.    Dim 2 Mar - 11:02

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[RP intemporel puisque La Hire et Leanore sont actuellement avec la garde ducale … mais bon Gien où ils sont actuellement n'est qu'à quelques lieux de Sennely alors …. ]


Un cavalier chevauchait à travers la lande brumeuse à une allure modérée. S'il avait été plus lent, on aurait pu le prendre pour un guerrier fatigué et malade rentrant d'une trop longue campagne armée. S'il avait été plus rapide, il aurait ressenti le fouet du froid de l'hiver sur son visage ou au travers de ses vêtements et La Hire bien que rompu aux confort spartiates des campagnes militaires et aux nuits sous les étoiles, avait une sainte horreur du froid. Tout en maintenant son trot en levée en assurant ses appuis sur ses étriers à l'aide de ses jambes musclées, il lâcha les rênes de sa monture pour remonter le col de son mantel qui venait de s'ouvrir.

Quel temps de merde !! vivement l'été … vivement la chaleur du soleil et les parties de chasse dans une forêt verdoyante et giboyeuse … vivement les longues soirées sous les étoiles avec un grand feu et du gibier qui rôtit doucement et quelques tonneaux de vin !

Etienne était partit de bon matin. D'Ecrosnes au nord d'Orléans, il avait doublé la capitale puis avait pris la direction du sud-est, de Gien car Sennely n'était pas très loin de la bourgade où il passait régulièrement. Il n'avait pas jugé nécessaire d’être accompagné de sa petite troupe d'armes qui l’accompagnait souvent. Certes ces quatre compagnons étaient d'agréable compagnie, mais rusés, excellents chasseurs, heureux à la perspective d'une bonne bagarre, d'un repas frugal ou d'une beuverie sans nom, ils n'auraient pas été à leur place où se rendait présentement le seigneur d'Ecrosnes. La Hire esquissa un sourire en imaginant La Fouine à Sennely, château qu'il ne connaissait pas. D'une nature curieuse et fouineuse d'où son surnom, voire parfois cleptomane, bibelots et argenterie auraient tôt fait de se retrouver dans ses poches, cela aurait été plus fort que lui. La Douceur le géant aurait quant à lui vider le garde-manger le temps que la cuisinière tourne le dos, quant à La Flèche et la Taupe, Etienne soupira à la seule idée de les savoir livré à eux même ! Pour partir tranquillement sans avoir à leur refuser de l'accompagner, Etienne avait demandé à frère Séverin un ancien moine que la curiosité avait attiré hors du monastère au point d'en avoir oublié le chemin pour y retourner, de préparer les terres pour les semailles à venir avec l'aide de ses quatre compagnons. Au fond de lui-même, Etienne savait que le travail ne serait fait qu'à moitié à son retour et que la moitié de ses bouteilles de vin auraient aussi disparues !! Question d’équilibre. Parfois il se disait qu'il faudrait remettre de l'ordre dans cette troupe, rappeler entre autre qui commandait, mais à chaque fois qu'il aurait pu le faire, lui revenait en mémoire qu'il avait été un des leurs avant qu'il ne vienne en Orléanais, avant qu’il ne fut anobli. Du coup les choses en restaient là mais finalement, cela ne gênait guère le jeune seigneur qui préférait de loin cette rustre et franche compagnie plutôt que les salons feutrés du château d'Orléans où intrigues et hypocrisies étaient régulièrement de mise.

La brume commençait à se dissiper au fur et à mesure que le soleil réchauffait la terre et la Hire sentait cette douce chaleur lui caresser le visage. Il força un peu l'allure mais la réalité de l'hiver toujours présent lui revint quelques instants plus tard. Au détour d'un bois, un petit courant d'air froid vint lui caresser les joues accompagné de la chute des gouttes d'eau préalablement stagnantes sur des branches et propulsées vers le cavalier par un brusque coup de vent. Il secoua sa tête sans pour autant ralentir le rythme de sa monture. Ce brusque coup d'eau lui rappela immédiatement les embruns qu'on prenait face à la mer. Naviguer était un rêve de longue date et il savait au fond de lui qu'il le réaliserait un jour. Il le sentait au fond de son être tout entier, surtout lorsqu'il faisait froid !!! Il avait bien écrit à l'amirale de France Cimbaeth Crawford et à Didier de Sars pour se porter volontaire pour embarquer mais le projet ne s’était pas concrétisé. Etienne se reprochait de l'avoir fait à un mauvais moment, en un temps où il était conseiller ducal, mais il l'avait fait lors de la visite de l'amirale en Orléans puis aucun des deux sollicités n'avait donné suite. Qu’importe, ce n'était que partie remise, il n'était pas homme à laisser tomber, et surtout pas un rêve. Sa marraine lui avait parlé dans une missive de son désir d’apprendre les règles de navigation et d’aller dans une ville où l’université le lui permettrait et la Hire s’était dit que c’était peut-être là une future occasion pour se rapprocher de la mer … la mer qui l’obsédait. Quoique décidrait Kalimalice, cette fois-ci, il était bien décidé à l’accompagner, d’ailleurs une duchesse fut-elle guerrière accomplie, n’a-t-elle pas besoin d’une escorte ? D’ailleurs à ce sujet, Etienne se demandait si sa récente portée ne l’avait pas affaiblie, après tout la duchesse de Cheroy n’avait plus 20 ans, âge qui selon lui permettait encore au corps féminin de retrouver ses belles formes d’avant grossesse. D’ailleurs le jeune homme ne comprenait toujours pas ce désir féminin de voir son corps se déformer pour devenir une baudruche et souffrir au plus profond de sa chair lors de la délivrance, pas plus qu’il ne comprenait le désir de certains hommes d’avoir descendance. Pour lui, on nait, on meurt comme le printemps et l’hiver, c’est le cycle de la vie, de la nature. Il ne se posait jamais la question de ce qu’il adviendrait lorsqu’il ne serait plus là. D’ailleurs il connaissait certaines femmes de son village qui n’avaient même pas survécu à la mise au monde de leur rejeton. Cruel remerciement de la naissance … Mais compte tenu de certaines vies terrestres miséreuses n’était-ce pas là que juste châtiment ?

Son voyage devenait monotone et il commençait à penser à tout, à rien, à laisser son esprit vagabonder au risque d’avoir des pensées négatives. Hormis quelques animaux et quelques chasseurs, il ne rencontrait guère de monde. Quittant la route de Gien, il avait obliqué vers Sennely suivant les recommandations de Kalimalice sa marraine et il eut tôt fait de se rapprocher de la bâtisse, destination de son voyage. Il ne la connaissait pas, ne pouvait donc pas la reconnaitre, mais un paysan croisé plus tôt lui avait indiqué le bon chemin en lui précisant qu’il n’y avait pas d’autres maisons fortes dans les environs. Il ralentit l’allure de sa monture pour arriver au pas devant le porche. Il s’arrêta un instant et observa les lieux. L’édifice n’était pas un château fortifié qui donnerait du fil à retordre à une troupe d’assaillants. Vu de l’extérieur, il avait l’impression qu’elle ressemblait plus à une immense ferme fortifiée même s’il pouvait apercevoir dans le fond de la cour un corps de bâtiment plus imposant que les autres et qu’il identifia immédiatement comme le logis seigneurial. Dame Leanore n’étant pas une femme de guerre, il se dit qu’au final ce type de demeure lui correspondait parfaitement et il imagina un potager et un immense jardin médicinal aux mille soins de la maitresse des lieux de l’autre côté de la demeure.

Cherchant du regard âme qui vive, il fit la moue lorsqu’il constata que la cour était déserte. Il serra doucement les rênes dans ses mains puis de sa bouche il émit une courte série de petits claquements et aussitôt sa monture avança. La Hire était un excellent cavalier et son andalou était un cheval hors norme parfaitement dressé, une monture qui n’avait pas besoin de cravache pour obéir, ni de coup d’éperon dans les flancs pour passer au galop. Le simple fait de sentir la position qu’adoptait le cavalier suffisait à ce qu’il comprenne l’allure qu’il lui fallait adopter. Il sentait lorsque son maitre s’appuyait dans la selle, lui enserrait plus fermement les flancs de ses jambes pour passer au trot ou se penchait plus en avant sur encolure, bien en appui dans ses étriers pour l’enjoindre à passer au galop. Etienne prenait grand soin de sa belle monture et ne guerroyait jamais avec lui préférant la robustesse et la puissance de son frison, mais en temps normal, c’est avec l’andalou qu’il se déplaçait. Avançant dans la cour, il s’arrêta à quelques pas de la bâtisse principale puis descendit de cheval. La Hire caressa l’encolure, lui gratta doucement sous la tête avant de lui retirer le harnais et le mors de la bouche. Il prit les deux lanières de cuir pour en faire un licol sommaire histoire de pouvoir diriger le cheval tout en lui laissant la bouche libre puis il fouilla dans la poche de son mantel pour en ressortir une pomme. Il avait toujours sur lui ou dans ses fontes une ou deux pommes ou quelques bouts de carottes, et Rubis le savait bien ! Il la dirigea vers la bouche dans la paume de sa main et le cheval gourmand l’attrapa pour la croquer de bon cœur. La Hire se retourna s’attendant à voir venir un valet mais la cour restait toujours déserte. Il se décida à manifester sa présence.

HOLA DU CHATEAU ………..


Dernière édition par La Hire le Mar 4 Mar - 21:48, édité 1 fois
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Vieilhubert



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MessageSujet: Re: Petite visite, grande perspective.    Lun 3 Mar - 18:26

Raaaaa !!!!!!! Que c'est triste de vieillir..... Avec l'hiver, les douleurs ne cessaient d'asticoter le garde, doyen de ces lieux. Les tisanes et les recommandations de la maîtresse des lieux  lui faisaient du bien pourtant, mais cette humidité était la plus forte. Hubert attendait avec impatience le retour du printemps lorsqu'il pourrait étendre à nouveaux ses vieux membres au soleil.
 
Pour l'heure il était avec un jeune garçon auquel il tentait de lui montrer comment s'occuper de la jument de la Dame, et c'est en se tenant les reins en grimaçant qu'il se releva après lui avoir montré comment curer les pieds de l'animal.
Il l'observait donc attentif à ses gestes, prêt à le corriger fermement mais avec bienveillance. C'est que Dame Léanore détestait la violence et elle avait bien dit qu'elle ne tolérerait pas ce genre de traitements aux personnes qui étaient à son service. Personne n'aurait eu l'idée d'aller contre ça, car bien qu'elle n'avait jamais exercé une justice expéditive et injuste, elle amadouait rapidement le plus vilain par sa douceur et sa bienveillance.
 
Mais le vieux garde veillait quand même à ce qu'on ne profite pas trop de sa bonté et c'est avec une ouïe exercée qu'il entendit dans la cour des pas de sabot sur les pavés de la cour, puis une voix
 
HOLA DU CHATEAU ………..
 
Hubert malgré lui grommela dans sa barbe. Allons donc...... ils étaient où encore ces deux fainéants qui étaient censés garder la porte. Si ça continuait ainsi, il serait bien obliger d'en parler à la châtelaine. IL sortit de l'écurie pour apercevoir un homme et sa monture.
 
Allons bon...... qui c'est encore celui-ci ? A sa mise et à la qualité de l'animal, cela devait être un noble sire, c'est qu'en vieux soldat, il s'y connaissait un peu et à coup sûr, celui-ci devait être soldat aussi.
 
Un visiteur pour la Dame ? Protecteur, Hubert se mit en mode méfiance. C'est que les hommes qui avaient franchi les grilles du château n'avaient pas été très cléments avec la maîtresse. D'abord son propre neveu qu'il avait recommandé pour être le régisseur, était parti sans mot dire un matin. Le vieil Hubert en avait été tout contrit et avait même proposer sa propre démission auprès de Dame Léanore. Mais elle l'avait rejetée d'un geste de la main arguant du fait que Hubert n'était pas responsable des actes de son neveu. Puis ce fut le propre époux de la Dame, qui vint s'installer comme un seigneur avec tout ce que Hubert détestait, vidant les maigres réserves, et amenant même une femme que la cuisinière soupçonnait d'être plus qu'une simple amie. Il avait été banni des terres par le Duc de Chéroy. Enfin, le dernier en date.... un écuyer, maître d'armes que Dame Léanore ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam et qu'elle avait engagé sur sa bonne mine. LUi non plus on ne le voyait plus guère et Dame Léanore avait annoncé qu'il était chez les moines. Elle semblait bien confuse lorsqu'on l'avait questionnée et depuis personne n'osait demander de nouvelles. Ainsi si on faisait le compte, peu d'entre eux avaient été fiables et seul le Duc de Chéroy avait eu grâce à ses yeux.
 
Hubert accueillit tout de même l'homme tout en se demandant bien ce qu'il venait faire : annoncer une levée de bans, une nouvelle épidémie, une catastrophe, ou alors une bonne nouvelle.... Ah ça !!!!! Si c'était le cas, le vieil Hubert en serait content pour sa Dame. Une bonne nouvelle, elle en avait bien besoin.
 
Messire ?????? Hubert pour vous servir...... vous désirez voir Dame Léanore ? Vous avez de la chance elle est ici ces jours-ci prendre un peu de repos. Mais..... qui dois-je annoncer ?
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La Hire

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MessageSujet: Re: Petite visite, grande perspective.    Mer 26 Mar - 4:10

Lorsqu'Etienne vit arriver le vieux garde, sa première impression fut qu'il n'y avait pas que la grippe espagnole qui pourrait envahir le château sans devoir livrer bataille. Lorsqu'il était entré dans la cour, La Hire pensait voir arriver un ou plusieurs gardes robustes et armés, de faction ou qui auraient laissé tomber leur ronde, pour s'enquérir de l'identité et des intentions du visiteur. Au lieu de cela, le soldat voyait venir un homme assez âgé que la vie et les hivers rigoureux n'avaient visiblement pas épargné. Le garde semblait grimacer en marchant signe évident d'un corps qui avait été sollicité. S'il devait être un homme de confiance de la Dame, car les vieux en qui les nobles n'ont pas confiance déambulent rarement seuls dans un château pour la préservation de l'argenterie et autres objets de valeurs, était-il encore un soldat suffisamment valeureux susceptible de défendre le domaine si une troupe de pillards décidaient de s'en prendre au château ? Etienne préféra penser que cet homme avait une certaine expérience et qu'une jeune troupe disponible pour assurer la sécurité des lieux se trouvait non loin prête à intervenir.

Le vieil homme informa Etienne de la présence de la Dame au château et se renseigna sur son identité. La Hire sourit à cette remarque, au moins il n'avait pas bravé les derniers frimas de l'hiver pour rien puisqu'il avait pris la route de Sennely un peu au hasard. Il connaissait Leanore depuis quelque temps déjà pour la croiser régulièrement dans les salons de la Chambre de la Noblesse. C'était une dame élégante, calme, discrète, qui réfléchissait avant de parler … apparemment tout le contraire de La Hire !! Puis leur nomination respective par le duc Arthur au sein de la garde ducale leur avait permis de faire plus ample connaissance d'autant qu'Etienne avait attrapé la fièvre alors qu'il se trouvait en campagne. Leanore l'avait soigné à son retour d'une façon si efficace que le capitaine aurait bien eu tendance à se trouver d'autres maux juste pour le plaisir de consulter et de voir la garde ducale seul à seul en un autre endroit que le château d'Orléans. Il avait donc prit la route de Sennely, croyant en sa bonne étoile. Lorsque l'homme fut proche de lui, Etienne inclina la tête en guise de salut.

Bien le bonjour Hubert !! je dois avoir un cousin qui porte le même nom que vous !!! enfin, là n'est pas le propos. Je vous remercie d'annoncer Messire de Vignolles à la maitresse des lieux.

Puis il tourna la tête de part et d'autre à la recherche d'un page ou d'un jeune écuyer.

Mais au préalable, si vous pouviez me montrer les écuries, cet andalou doit être mon seul bien et je ne voudrais pas qu'il reste dehors par ce froid alors qu'il vient de faire une longue chevauchée.

Etienne remonta lentement sa main pour caresser doucement la joue de son cheval sans quitter Hubert des yeux tandis que Rubis finissait sa pomme.
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leanore

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MessageSujet: Re: Petite visite, grande perspective.    Sam 29 Mar - 14:35

La plume posa le point final à la missive. Le sable vint sécher l'encre, la cire ferma définitivement la lettre jusqu'au moment où le destinataire ne la brise. Enfin le dernier pli vint rejoindre d'autres plis dans un panier, qui seraient envoyés un peu plus tard dans la journée.

Léanore rangea son matériel de correspondance puis elle se leva, s'étirant un peu pour chasser l'endolorissement qui avait gagné ses membres par la position prolongée qu'elle avait tenue.

Comme à chaque fois après cet exercice et plus souvent qu'à l'ordinaire, ses pas la menèrent vers la fenêtre. Le regard de la jeune femme étant toujours attiré vers le lointain comme cherchant quelqu'un ou quelque chose.

Mais aujourd'hui, les yeux n'allèrent pas plus loin que les limites de la cour. Elle les ferma puis les rouvrit pour être certaine qu'elle ne rêvait pas. Là, discutant tranquillement avec Hubert, Etienne !!!!

Tout à coup elle ne sut pourquoi une sorte de panique l'envahit. Quel était le but de sa visite. Si c'était pour la garde ducale, il aurait envoyé un soldat pour venir la chercher. Etait-il malade ? Non c'est au cabinet qu'il serait venu. Une affaire qui concernait la noblesse...... Les couloirs de la Chambre des NObles suffisaient pour échanger..... Alors..... sa panique se transforma en trouble. SErait-ce une visite personnelle ? RE-panique.......Le cerveau entra en ébullition.
Y avait-il assez de victuailles pour contenter son hôte ? La chambre réservée aux amis était-elle prête ? ET elle ?
Vite elle prit un miroir à main, se recoiffa machinalement, en passant une main tremblante sur sa chevelure. SA robe...... trop simple..... mais cela n'était pas très grave, Etienne n'aimait pas les tralalas.

Elle jeta un regard circulaire à la pièce où elle se trouvait..... Le petit boudoir..... un sofa, des coussins, des fleurs dans un vase.... Non elle ne pouvait le recevoir ici, il n'était pas homme de salon. Le mieux était qu'elle aille à sa rencontre  avant qu'on ne vienne toquer à la porte et que l'on introduise Etienne dans intimité.

Elle sortit donc précipitamment de la pièce, dévala les escaliers, s'arrêta au bas de ceux-ci pour donner l'air d'avoir une arrivée calme. Elle respira profondément et ses pas foulèrent le sable de la cour jusqu'aux deux hommes.
Elle arriva au moment où Hubert proposait d'amener lui même le cheval d'ETienne à l'écurie avant d'avertir sa maîtresse

Elle sourit et dit

ETienne...... Quelle bel.... surprise !


Elle ne voulait pas trop montrer sa joie devant Hubert. En même temps elle trouvait que sa remarque était faussement naturelle.

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La Hire

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MessageSujet: Re: Petite visite, grande perspective.    Sam 29 Mar - 23:45

Alors qu'Hubert venait de proposer à Etienne de s'occuper de Rubis et que le jeune seigneur s’apprêtait à lui tendre les rênes du licol de fortune, La Dame des lieux s'approcha ... ce qui empêcha Etienne de faire les recommandations d'usage lorsqu'il confiait sa monture pour des soins puisqu'il les oublia tout simplement.

Il regarda Leanore et un sourire s'afficha sur son visage. Il était heureux de la revoir mais il se rendit compte que s'il avait voulu venir la voir, non seulement il n'avait pas plus de raison valable que cela, mais de plus, il n'avait même pas pris le temps de trouver une excuse plus ou moins foireuse au cas où il devrait se justifier. Une promenade à cheval depuis Ecrosnes en une journée de fin d'hiver ?? tout ceux qui connaissait le Vignolles et son aptitude, ou plutôt inaptitude, à supporter le froid sans pester contre les ennemis du duché, la haute noblesse trop précieuse ou les aubergistes en grève, sauraient qu'il y aurait anguille sous roche et quelque chose d'anormal.... Une soirée beuverie avec la dame de Sennely ?? là non plus ça ne tenait pas, Leanore n'avait ni l'apparence, ni la réputation de taquiner la sainte bouteille.... M'enfin sur ce point, La Hire en connaissait certains à qui on aurait donné Ari ou Bacchus sans confession, alors que c'étaient des videurs de tonneaux insatiables. En saoulographie comme dans d'autres domaines ou sciences, point d'habit pour faire le moine !!! Et s'il s'était trompé sur Leanore ?? ... Une soirée romantique avec la Dame ?? encore moins !!! d'ailleurs fallait-il qu'ils eussent pour cela parler au préalable de sentiments ou de sensations afin de ressentir en eux quelques vibrations internes susceptibles de les troubler... Sur ce point La Hire était aussi doué pour faire la cour à une femme que pour parler théologie ou couture. Il se rendit compte affreusement qu'il n'avait rien, là à l'instant, sous la main, à servir à Leanore qui ne manquerait certainement pas de lui demander ce qu'il venait faire à en son domaine en ce jour de fin d'hiver. ... du moins rien qu'il n'avouerait facilement même sous la torture .... enfin, tout dépendrait de la torture !

Il se redressa de toute sa stature et comme pour montrer qu'il maîtrisait totalement la situation, puis il brusqua doucement Leanore.

Oui ... n'est-ce pas ??? sacréééee ... oui bon, et si tu m'invitais à me réchauffer la couenne près de ta cheminée ??
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leanore

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MessageSujet: Re: Petite visite, grande perspective.    Lun 31 Mar - 22:11

Il tourna la tête vers elle comme si la surprise était inversée, comme s'il ne s'attendait pas à la voir là. Les cheveux d'ETienne voletèrent légèrement, puis son regard se posa sur elle. Elle put y lire la joie, l'amusement, et une certaine pudeur. Encore une fois elle se demandait la raison de sa venue mais elle décida de ne pas montrer sa curiosité et surtout elle commençait à cerner un peu le jeune homme. Il s'en serait sorti avec une pirouette, et au final c'est elle qui serait dans l'embarras. Alors elle respecta sa pudeur ainsi que la sienne. Et puis, qu'importe, il était là et elle aimait à imaginer mille raisons, mille versions qui iraient dans le sens qu'elle désirait. Elle se rendit compte qu'elle était heureuse de le voir, heureuse qu'il fut là dans ses murs.

Elle suivit du regard Hubert qui menait la monture d'Etienne vers l'écurie puis ses yeux firent le tour de la cour. En bon militaire, il avait du juger l'état des murs et l'absence d'une garde efficace et nul doute qu'il en avait été étonné voire perplexe. A vrai dire, Léanore se sentait protégée ici à Sennely au milieu des étangs, des bois, et sans doute que si elle lui disait, il émettrait des doutes quant à sa sécurité.

Il sourit doucement, puis un brin provocateur

Oui ... n'est-ce pas ??? sacréééee ... oui bon, et si tu m'invitais à me réchauffer la couenne près de ta cheminée ??

Quelle idiote elle était..... oui, son manteau humide, le nez et les joues rougis. Elle grelotta..... d'autant plus qu'elle même n'avait même pas pris la peine de poser une cape sur ses épaules et dans son impatience d'aller à sa rencontre, elle était sortie en robe d'intérieur.

Ah..... Heu oui.... Pardon, je manque à tous mes devoirs d'hôtesse..... Une cheminée.....

Elle décida une fois pour toute de ne pas l'emmener dans le petit boudoir, trop féminin, trop douillet....... Le salon privé au rez-de-chaussée conviendrait parfaitement...
Soudain, elle fut prise d'une envie d'audace. Elle tendit la main afin qu'il la prenne, qu'il la glisse dans le creux de son bras, ou qu'il la garde dans les siennes encore gantées, selon son envie.

Elle murmura presque, un murmure qui était presque une promesse.

Viens........Allons au salon privé Nous serons tranquilles

Elle le guida en demandant au passage à Hubert de faire apporter un bon vin chaud à la cannelle et quelques victuailles pour satisfaire le palais de son visiteur.

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