Maisons des Chéroy


 
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 petit boudoir

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leanore

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MessageSujet: petit boudoir   Jeu 11 Juil - 18:36


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leanore

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MessageSujet: Re: petit boudoir   Lun 15 Juil - 14:34

Le petit boudoir....... Léanore aimait à s'y reposer de temps à autre, s'allongeant sur la banquette moelleuse pour lire, ou pour broder même si les travaux d'aiguille n'étaient pas vraiment sa tasse de thé. Enfin cela dépendait de quels travaux d'aiguille il s'agissait. On pouvait aussi y trouver quelques instruments de musique, un petit guéridon, une table de jeux, deux autres fauteuils et plusieurs candélabres. Jeannette y était en train de remettre un peu d'ordre et comme il fallait s'y attendre, la jeune servante s'affola lorsqu'elle vit sa maîtresse un peu étourdie dans les bras du maître d'armes et le front un peu ensanglantée.

Elle regarda Aslas se demandant ce que ce jeune homme avait pu avoir trouvé comme activité pour que sa maîtresse revienne blessée.

Léanore la rassura rapidement

Jeannette..... Pas d'affolement, je suis tombée de cheval.... Allez plutôt chercher ma trousse de premiers soins......

La jeune servante quitta donc la pièce en maugréant un peu et en ayant déjà l'idée d'aller raconter l'incident à Hubert et à la vieille cuisinière.

Léanore quant à elle, sentait à présent le mal de tête arriver insidieusement et n'avait qu'une hâte : boire un peu d'eau et voir comment était la blessure.

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Aslas

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MessageSujet: Re: petit boudoir   Mar 16 Juil - 20:12

Aslas portait Léanore dans ses bras et passa au plus court, soit par les escaliers de service, dérobés, et non ceux officiels. Alors quand il arriva dans le couloir par la porte fondue dans le mur, il eut l'impression de sortir dans un labyrinthe et d'entrer dans la réalité, enfin. Il avait fait au plus vite mais certains passages avaient été... délicats car exigus, il ne savait pas encore comment il avait réussi à passer avec sa protégée dans les bras sans trop la secouer, du fait de sa blessure. Il priait franchement depuis tout-à-l'heure pour que la servante ne soit pas là afin de ne pas provoquer d'esclandre et surtout qu'elle ne répande pas des bruits étranges dans toute la propriété. Lui qui aimait être discret et solitaire allait être servi car elle était bien là, en train de ranger, il la voua aux gémonies intérieurement mis ne montra rien. Il alla directement au divan le plus proche et déposa délicatement Léanore sur les coussins. S'accroupissant à côté, il vérifia qu'elle était bien allongée. Il la laissa expliquer qu'est-ce qu'elle faisait dans ses bras, le front ensanglanté, sachant que parler lui-même ne ferait qu'empirer les choses. Quand elle partit enfin chercher la trousse de soin de médicastre de la châtelaine, il regarda autour de lui et vit plusieurs carafes assorties à des verres sur une commode. Se levant, il alla remplir un verre d'eau et le rapporta à Léanore.

Je suppose que vous devez avoir grand soif après toutes ces émotions, Léanore... Je vais faire de mon mieux pour vous soigner quand j'aurais quelques ustensiles.. Voyons voir ça en attendant...

Un genou à terre, il entreprit de soulever le tissu et de voir la plaie à la lumière. Hochant légèrement la tête, pensif, il effleura de ses doigts frais et vit que le sang commençait à sécher en partie. Se reculant, il lui sourit en la regardant enfin dans les yeux depuis une bonne dizaine de minutes tant il était troublé de l'avoir porté dans ses bras, d'avoir senti son corps si proche du sien, sa tête reposant contre son torse...
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leanore

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MessageSujet: Re: petit boudoir   Mer 17 Juil - 10:12

Elle avait passé son bras libre autour de son cou, poser sa tête sur sa poitrine et fermé les yeux pour moins sentir les vertiges. Il avait choisi le chemin le moins facile, l'escalier de service n'étant pas des plus larges. A certains endroits, il lui semblait qu'il la serrait un peu plus contre lui, elle se sentait parfois soulevée un peu plus. Il marchait d'un pas rapide, la montée des escaliers bien qu'elle fut difficile ne l'avait pas essoufflé plus que ça. Il lui vint à l'idée qu'il aurait pu la poser, pour se soulager et cette pensée la contraria un peu. Elle ne voulait pas se l'avouer mais se sentir enlevée par une force puissante la troublait plus qu'il n'aurait fallu. Elle sentait les battements de son coeur qui avaient légèrement accéléré avec l'effort, ainsi que les muscles tendus des bras qui la portaient. Il la déposa délicatement et elle dut quitter ces bras comme à regret.

Jeannette quitta la pièce et ils furent seuls. Comme s'il avait deviné ses besoins, Asla lui apporta de quoi se désaltérer et elle fut étonnée de la vitesse à laquelle elle but l'eau. Avec une grande douceur il lui parla et retira le foulard, les doigts qui se posèrent sur la plaie furent comme une brûlure. Elle ne savait pas pourquoi mais il lui semblait qu'à présent le moindre contact anodin ne la laisserait pas indifférente. Le regard qu'ils échangèrent en faisait également partie. Léanore rougit légèrement, le sang affluant sur ses joues et sa tête, accentuant les battements de son coeur, sa gorge s'assécha encore, ses lèvres tremblèrent un peu et tous ces phénomènes n'étaient pas dus à sa chute.

Que se passait-il ? Le regard d'Aslas posé sur elle était différent de celui du premier jour et ce qui l'affolait un peu, c'est qu'elle appréciait comment il la regardait. Oh !!!! Il ne fallait pas !!!!!

POuvez-vous me passer le petit miroir à main que je regarde s'il vous plait...

Il était temps qu'il s'éloigne un peu d'elle car déjà Jeannette revint avec la besace qu'elle posa aux pieds de sa maîtresse. Léanore la remercia et d'un ton qu'elle aurait voulu plus naturel, la renvoya auprès de la cuisinière.

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Aslas

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MessageSujet: Re: petit boudoir   Jeu 18 Juil - 20:27

Aslas ne pouvait détacher son regard de Léanore, ses yeux noirs se muaient en deux puits d'une intensité surprenante. Il était attiré par ces onyx aussi sûrement qu'un voleur devant un trésor mais son trésor à lui était sa Dame... Une petite voix, celle de la raison lui soufflait que c'était bien ce qui pouvait lui arriver de pire, d'aimer sa châtelaine car cet amour ne serait jamais qu'à sens unique et même si le miracle se produisait et que Cupidon l'aidait d'une de ses flèches divines, ce ne serait qu'un amour terrible car impossible. Lui, le vagabond et elle, la noble? Elle méritait tellement mieux que cela... Un frisson de détresse le secoua et lui fit l'effet d'avoir frôlé de trop près une flamme trop vive pour être ne serait-ce que regarder. Il se redressa soudainement, s'arrachant à l'emprise de ses prunelles sous peine de faire une chose qu'il regretterait beaucoup et prit une inspiration pour parler mais aucun son ne sortit de sa gorge, un poing s'était refermé sur ses cordes vocales mais Léanore lui vint sûrement inconsciemment en aide et lui demanda un miroir. Un miroir? Il regarda autour de lui et aperçut l'objet en question. D'une voix rauque, il murmura :

J'y vais de ce pas...

Il se releva et alla le chercher sur la commode tandis que la servante revenait. Il attendit qu'elle reparte avant de revenir près de Léanore et de lui tendre le miroir. S'agenouillant à ses côtés, il prit la besace et chercha une compresse cicatrisante, sans rien déranger. Il sourit doucement en l'observant et son regard semblait aussi doux qu'un ruisseau tranquille.

Je suis à vos ordres, il est temps de soigner cette blessure...
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leanore

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MessageSujet: Re: petit boudoir   Ven 19 Juil - 21:15

La servante venait à peine de quitter la pièce que déjà Léanore regrettait sa présence. Etait-elle donc si faillible ? Soudain elle doutait d'elle et de sa volonté. Son coeur n'était il donc pas si fermé que cela ? A moins que ce ne soit que l'appel du désir. Elle le suivit du regard lorsqu'il alla chercher le miroir à main, fit semblant de chercher quelque chose quand il revint vers elle. Au moment de saisir le manche, ses doigts touchèrent malencontreusement les siens, un petit courant électrique la parcourut remontant le long de son bras pour se finir dans sa nuque.

Elle se concentra donc sur ce qu'elle voyait dans le miroir, touchant de l'autre main en réfrénant une petite grimace de douleur. Serait-ce donc de la coquetterie que de vouloir ne montrer qu'un visage avenant ?
En tout cas, comme elle l'espérait cela n'était pas si grave et ce n'était que superficiel.

Je suis à vos ordres,

Quelques mots..... Innocents, intentionnels, une invitation ? Elle sourit ne sachant que répondre, troublée. Elle aurait pu se soigner elle-même.... oui elle aurait pu. Elle n'en fit rien.

Il y a une lotion désinfectante dans la besace, une lotion de souci. Vous allez nettoyer avec cela. Ensuite je regarderai s'il est nécessaire de faire plus.

Son visage devint grave...... Bien sûr qu'elle ne devait pas.... Bien sûr que c'était agréable de se laisser aller à ce qu'on s'occupe d'elle..... Bien sûr qu'elle se confesserait rapidement. Elle posa le miroir sur ses genoux et tourna légèrement la tête pour présenter l'endroit blessé. Elle eut l'impression que sa respiration s'accélérait et que le rouge venait à ses joues. Mais ce n'était qu'une impression. Elle tentait simplement de prendre le visage impassible d'un médecin devant un malade.

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Aslas

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MessageSujet: Re: petit boudoir   Ven 19 Juil - 22:59

Aslas sentit son trouble augmenter encore d'un cran, quel était ce frisson qui le parcourut lorsque leurs doigts se frôlèrent? Un simple toucher faisait-il cet effet... saisissant au brun? Et à elle? Il lui semblait la voir trembler mais c'était si infime qu'il douta d'avoir vu quelque chose mais plutôt de l'avoir espéré trop fort. Les instructions vinrent, fermes mais douces. Elle savait ce qu'elle faisait, elle était médicastre royal après tout... Il prit ladite lotion dans la sacoche et s'approcha plus près, plus près que leurs visages n'avaient jamais été. Ses doigts frais se posèrent sur son front et explorèrent la tempe douloureuse. Appliquant la lotion, il fit de son mieux. Son regard dériva jusqu'à Léanore mais il s'empressa de se re-concentrer sur son travail. Une moue insatisfaite tordit son visage et il observa quelques instant la plaie avant d'imbiber un pan du foulard avec de l'eau et de tamponner autour de la plaie, nettoyant le sang. Puis sa tête se pencha vers celle de Léanore, cherchant ses yeux, détournés vers le tapis. Il remarqua une légère rougeur aux joues mais était-ce encore son imagination? Il l'admirait et la désirait. Pour ses paroles qui étaient si sincères, ses actes qui la plaçaient haut dans l'estime du brun et sa beauté, il devait l'avouer. Qu'elle était belle ainsi... Comme une fleur qu'il faudrait frôler et charmer avant de la cueillir, une fleur dont il faudrait désirer le nectar du plus profond de soi avant d'espérer toucher son cœur pur, une fleur qui mériterait tellement plus que vous... Ses pensées le frappèrent avec un impact incroyable, il crut un instant que le tonnerre grondait au-dessus du manoir. Personne n'avait donc entendu cet appel? Il chercha ses mots, balbutia quelques instants et dit finalement, d'une voix rauque de cette révélation:

Je... J'ai fini ma Dame, pardonnez-moi si ce n'est pas aussi bien que vos soins, vous êtes trop bonne médicastre pour moi...

Alors, il attendit, d'une impatience extrême, presque comme si la foudre de tout-à-l'heure était entré en lui et vibrait au diapason de ses passions. Ses yeux l'appelaient avec une détresse si forte qu'il crut que son cœur allait se détériorer en des millions de poussières...
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leanore

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MessageSujet: Re: petit boudoir   Mar 6 Aoû - 12:29

Ses gestes étaient doux, presque tendres, trop sans doute, en tout cas assez pour que son coeur s'emballe. Bien involontairement elle posa sa main sur sa poitrine. Manquait elle d'air ? NOn elle voulait qu'il arrête de battre ainsi aussi vite et aussi fort. Elle sentait le regard bleu d'Aslas aller de sa tempe à son profil. Elle avait approché son visage plus que nécessaire et elle pouvait sentir son souffle chaud sur sa joue, son cou. Une tempête l'envahissait, une tempête si intense qu'elle déborda sur le bord de ses yeux et fit trembler ses lèvres.

Déjà dit son esprit, encore cria son coeur. Mais ces mots ne sortirent de sa bouche.

Elle tourna la tête vers lui son regard croisant le sien, questionnant, cherchant une réponse, arguant la raison, succombant au désir. Que m'arrive-t-il ? Dites-moi ? Il ne faut pas....... et pourtant......je ne peux résister.

Je... J'ai fini ma Dame,

Elle prit le miroir et observa encore sa tempe. Elle avait été nettoyée correctement et nul besoin d'autres soins.

pardonnez-moi si ce n'est pas aussi bien que vos soins, vous êtes trop bonne médicastre pour moi...

Rapidement elle posa son index sur sa bouche viril et lui sourit


Vous vous en êtes très bien sorti.... Il y a si longtemps que...


Que quoi ? Qu'on ne l'avait regardé ainsi..... qu'on fut aussi doux, aussi prévenant. Non elle ne devait rien dire, rien dire de ses pensées, de ce qu'elle ressentait. SA pudeur de femme, la réserve qu'elle devait afficher à cause de sa condition. C'était inutile de toute manière. Ses yeux, et certaines parties de son corps parlaient pour elle.

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Aslas

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MessageSujet: Re: petit boudoir   Mar 6 Aoû - 15:05

Tout en elle le ravissait et l'enflammait, comment le simple fait de la porter dans ses bras avait pu déclencher ce déferlement d'émotions, de sensations et de désir? Que pensait-elle derrière ces deux lacs noirs qu'étaient ses iris? Sa main semblait vouloir calmer sa respiration qui s'était accéléré mais était-ce vraiment cela ou ce qu'il voulait, lui? Leurs visages étaient si proches... Bien plus proches que ce qu'ils devraient être mais Aslas ne parvenait pas à se reculer, même de quelques centimètres. Ce temps où ils se regardèrent lui sembla être éternité devant tout ce qui naquit en lui et, lui semblait-il, en elle. Ses yeux légèrement humides, ses lèvres tremblantes, son regard si intense et profond qui l'appelait inexorablement le réchauffait, l'embrasait comme jamais personne n'avait su faire cela. Des questions, des réponses, des objections, des appels tournoyaient sans fin au fond de ses yeux d'onyx mais seul le désir, tel un tourbillon, happa tout et s'épuisa jusqu'à ce qu'il ne reste que cette faim dévorante. Il tenta de se dominer, de parler mais seul des balbutiements sortirent de sa bouche, d'une voix rauque de retenue et d'envie mêlées. Sans reculer, elle vérifia son travail et il parla sans trop savoir quoi dire, libéré du pouvoir hypnotisant qu'avaient ses prunelles. Il essaya de se ressaisir mais lorsque, soudain, son doigt impérieux se posa sur ses lèvres, il se tut. Surpris qu'elle le touche, qu'elle franchisse ce pas qu'il hésitait tant à faire, il se figea un bref instant tellement plus long dans la réalité. Elle parla, d'une voix elle aussi légèrement rauque.

Vous vous en êtes très bien sorti.... Il y a si longtemps que...

Il hésita, la regarda dans les yeux, plongea dans l'océan ténébreux de ses prunelles et vit ce qu'elle cachait, ce qu'elle devait caché car elle était femme, car elle était noble, car elle ne pouvait le dire à voix haute, pas ainsi. Il perçut, comme un coup de fouet, son désir et l'encouragement qu'elle lui envoyait par son corps, frémissant et en attente et ses iris débordant de ce qu'il vivait lui-même. Alors, avec une infinie tendresse, il embrassa le doigt posé sur ses lèvres. Les yeux du brun semblaient deux océans profonds, bleu intense, elle avait réussi à dégeler la glace qui givrait normalement son regard.Il se pencha encore plus, posant sa main sur sa joue, caressant lentement sa pommette et se délectant de toucher sa peau si douce et rose. Puis il se pencha encore un peu, la main de Léanore disparut de ses lèvres et il l'embrassa, comme on touche une rose, avec délicatesse, il goûta ses lèvres en un long baiser qui lentement, s'amplifia et quand ils ne purent plus respirer, ils se séparèrent, pantelants, haletants, leurs souffles se mêlant, si proches encore. Aslas la regarda dans les yeux, chercha plus loin. Sous le coup de leur baiser, si étourdissant et enivrant, seul le désir submergeait ses iris mais la volonté de ne pas la brusquer, d'aller trop loin et de le regretter le retenait. Léanore... Qu'elle était belle...  

Léanore...

Un chuchotement. Rauque. Brisant le silence. Un appel.
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leanore

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MessageSujet: Re: petit boudoir   Jeu 8 Aoû - 14:01

Comment pouvait-il lire ainsi en elle ? Etait-elle donc si transparente, son enveloppe charnelle inexistante pour ne laisser visible que ses pensées, ses désirs, ses craintes.

Le baiser chaste déposé sur l'index la brûla mais elle ne retira pas son doigt, la main d'Aslas sur sa joue l'électrisa, mais elle ne repoussa pas cette main, et lorsque les doigts doucement emprisonnèrent sa nuque pour mieux retenir son visage, là non plus elle ne fit rien. Avait elle fermé les yeux ou soutenu son regard ? Elle ne se rappelait pas. Le seul souvenir était ces lèvres posées doucement sur les siennes qui se firent douces puis petit à petit gourmandes. Elle répondit au baiser, comme assoiffée également , elle s'y abreuvait......

Ce fut lui qui l'interrompit, lui qui avait pris l'initiative de cet échange et qui décidait de l'arrêter. Soudain elle lui en voulut mais pour des raisons complètement paradoxales. Comment avait il pu faire cela...... puis...... pourquoi arrêtait il ?

Il la regardait interrogatif, sa voix brisant le silence. Regrettait-il ? Voulait il aller plus loin ? Elle eut peur pour ces deux raisons, peur de son propre désir, peur qu'elle ne sache pas le raisonner, se raisonner elle-même.

Sa main prit la direction de la joue non pas pour la gifler mais pour se poser dessus pour une caresse ultime. Des bruits extérieurs se firent entendre, Hubert le vieux garde qui réprimandait un jeune écervelé sans doute. Cela suffit pour la faire revenir un peu sur terre et juste avant que sa main n'entraîne peut être l'irréparable, celle-ci se posa sur le torse d' Aslas pour le repousser doucement. Elle sentait au travers de ses doigts les battements du coeur, elle s'en voulait mais il fallait.

Aslas....

Sa voix était tremblante, grave. Serait-elle assez forte. Les yeux posés sur elle étaient si intenses et si persuasifs. Des éclats de voix un peu plus forts la réveillèrent complétement, elle se tint un peu plus droite, prit une intonation plus solennelle

Aslas..... Oublions ce qui vient de se passer voulez-vous ?


Elle avait honte..... Honte de sa conduite et honte de l'avoir encouragé, de ne pas avoir su empêcher ce baiser.

Veuillez me pardonner...... Je pense qu'il faut mieux en rester là.....

C'est tout ce qu'elle pouvait dire, l'émotion étreignant sa gorge, les yeux qui disaient le contraire.

Maintenant pouvez-vous me laisser je vous prie, j'ai besoin de repos. Je serai fraîche et dispo demain pour une nouvelle leçon d'équitation

Elle voulait être seule, réfléchir, prier.

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Aslas

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MessageSujet: Re: petit boudoir   Jeu 8 Aoû - 16:22

Caresser sa joue de sa main, effleurer son doigt de ses lèvres, embrasser sa bouche voluptueuse, tenir sa nuque dans sa main, l'attirer plus près encore,goûter le met exquis de ses lèvres tendres tout d'abord lentement, d'une douceur délicate et obsédante, enflammant leur sens à tout deux, sentir qu'elle répondait au baiser, le suppliait de continuer, d'embraser leur désir d'un feu dévorant. Aslas, se délectant de ce baiser qui ouvrait à ses yeux des monts perdus depuis longtemps, sentit s'accélérer leur ballet hypnotique. Soudain, il reprit conscience de ce qu'il faisait, tenir dans ses bras sa Dame, l'embrasser, la toucher, la caresser, mais qu'avait-il donc fait? Mais ce qu'il sentait, ce qui le consumait tout entier n'était pas seulement un désir charnel, cela résultait de longs moments passés ensemble, d'une multitude de détails, d'instants passés et présents, il l'aimait, il le savait bien, tout au fond de lui mais s'était interdit à ne serait-ce qu'y penser, pour ne pas se laisser troubler mais sentir contre lui son corps, son regard posé sur lui, le rosissement de ses joues, le trouble de ses yeux d'onyx, c'était une tentation qu'il l'avait laissé tremblant, lui comme elle. Elle répondait tellement à son baiser, il sentait qu'elle voulait plus, qu'elle aimait cela, qu'elle aimait cela à la folie, comme lui. Mais que faisait-il, il les précipitait dans un abysse qui ne pouvait avoir qu'une seule fin et il ne voulait l'entraîner dedans mais ses lèvres sur les siennes, son corps appelant le sien, tout cela l'enivrait et le laissait ivre de désir, frémissant de sensations. Dans un effort désespéré, il s'arracha à elle. La regardant dans les yeux, il admira sa beauté, se traitant intérieurement de tous les noms, comment avait-il pu faire cela? Alors que les lèvres douces l'appelaient, que ses yeux le réclamaient, que sa main le cherchait, il mit dans son regard la seule question qui importa, lui donnant le choix de se ressaisir, de se rappeler qui elle était, il ne voulait lui faire du mal, qu'elle le regrette ensuite. Seul un murmure s'échappa de ses lèvres, montrant combien il hésitait, tiraillé entre sa raison et ses sentiments. Les deux lacs noirs semblèrent retrouver un semblant de discernement mais elle porta sa main à sa joue, un instant il crut qu'elle allait le gifler, ce qu'il aurait amplement mérité mais elle le caressa, si tendrement que sa retenue se fêla, le toucher faisant jaillir le désir, il contracta ses muscles, essayant de se dominer. Il se transforma en statue de marbre, les muscles saillants, vivante représentation d'un soudain arrêt du temps. Seuls ses pupilles révélaient le combat intérieur qu'il menait. Elle posa sa main sur torse, invitation, rejet? La seconde option était en cause, il la laissa le repousser doucement mais son murmure était un appel... Comment pouvait-elle le tenter ainsi, le repoussant mais vibrant de l'attirer de nouveau près d'elle? Son cœur battait si fort... Tout près de sa paume, elle devait sentir les vibrations sourdes qui le secouaient silencieusement. Il se recula, s'écartant de cette main jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus le toucher, s'arrachant à elle volontairement, pour se reprendre. Ce qu'elle dit alors, lui qui avait détourné son regard d'elle, le fit sourire en coin, vaguement amusé, d'un humour noir. Ses yeux bleus la transpercèrent et sa voix se fit sourde.

Comment... Comment pourrais-je un jour oublier cette journée ma Dame? Jamais je ne le pourrai, soyez-en assuré. Je ne vous pardonne pas, je vous remercie de m'avoir offert ce moment, ce présent...

Avec effort, il se releva, se recula, partit vers la porte puis, sans se retourner, il dit :

Ma Dame, reposez-vous quelques jours, nous reprendrons les leçons ce lundi.

Alors, il sortit, sans la regarder et s'adossa à la porte fermée, reprenant son souffle et ses esprits. Il resta là un long moment puis, quand ses jambes purent enfin bouger normalement, il repartit par les escaliers de service, traversa la cours et partit en courant dans les bois, recherchant le calme et l'apaisement.
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MessageSujet: Re: petit boudoir   Ven 9 Aoû - 13:00

Oh Comme ce fut douloureux. Elle savait que c'était un amour impossible, ils le savaient tous les deux. Qui des deux était le plus fort ? Qui serait le gardien de cette barrière qu'il ne fallait pas franchir ?

Les yeux d'Aslas retrouvèrent la couleur de l'acier, son sourire redevint narquois, et bien que cela la déstabilisait toujours, ces deux états la rassurèrent.

Comment... Comment pourrais-je un jour oublier cette journée ma Dame? Jamais je ne le pourrai, soyez-en assuré. Je ne vous pardonne pas, je vous remercie de m'avoir offert ce moment, ce présent...

Ces quelques mots qu'il prononça brisèrent cet instant infime de sécurité. Elle n'eut pas le courage de répondre et rapidement il reprit son rôle d'instructeur équestre et par conséquent elle ne fut plus qu'une dame noble qui devait savoir se tenir et oublier la femme qui était en elle.

Ma Dame, reposez-vous quelques jours, nous reprendrons les leçons ce lundi.

Elle ne le regarda pas sortir, les yeux baissés sur ses mains qui tremblaient encore de l'avoir touché. Elle n'entendit que des pas sourds sur le tapis épais, une porte qui s'ouvre et qui se ferme. Alors seulement elle put laisser couler les larmes qu'elle avait eu bien du mal à retenir. Sur quoi pleurait-elle ?

Elle se leva rapidement, si rapidement qu'on eut cru qu'elle allait courir après lui mais non. Une fois debout, elle se dirigea vers la fenêtre qui donnait sur la cour. Elle le vit là traverser celle-ci à grandes enjambées, ignorer le jeune garçon d'écurie, franchir la herse et le pont-levis pour se diriger vers la forêt. Elle sourit....... IL allait là où elle même se rendait pour trouver la sérénité. Pendant un moment elle avait espéré qu'il se retourne pour lever les yeux vers elle. Mais il continuait son chemin. Sa seule consolation fut qu'elle l'accompagnerait en pensées, ainsi elle serait encore avec lui.... Une cloche tinta dans le lointain.. Mais non il ne fallait pas avoir ces pensées.

Elle s'écarta rapidement de peur encore qu'il ne se retourne et ne la voit. Elle se dirigea vers le prie-dieu, saisit le livre des vertus et se mit à prier en attendant de voir un confesseur.


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Aslas

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MessageSujet: Re: petit boudoir   Ven 13 Sep - 23:13

Aslas se tenait dans les écuries, ses quartiers en quelque sorte au domaine où il avait élu domicile afin de servir Léanore. Adossé au mur, assis dans la paille chaude et sèche, il soupesa l'objet dans sa main. Le sortant de son fourreau, il l'effleura sur toute sa longueur, vérifiant l'équilibre. Le regardant longuement, il croisa son regard, reflété par la lame et secoua la tête. Un cadeau d'un écuyer à sa Dame, rien de plus... Rien de plus hein?

Rangeant son cadeau dans son fourreau, il l'enveloppa dans un tissu et le prit. Sortant des écuries, il se dirigea prestement vers le manoir, rentrant par derrière et longea les cuisines avant de se glisser dans les escaliers de services. Comme une ombre, il ne faisait aucun bruit. Revivant la montée avec Léanore dans ses bras, il ressentit les mêmes émotions que ce jour-là. De plus en plus troublé, il s'avança jusqu'à la porte du boudoir et s'arrêta un instant, écoutant le silence derrière le battant et se remémorant bien des souvenirs. Il finit par entrer, s'imprégna de la pièce calme et alla poser son présent sur le divan même où il avait allongé Léanore, ce fameux matin qui avait tout changé. Il resta là, fixant le présent, ses pensées bataillant avec ses émotions, le rendant mélancolique, désireux de revivre cent fois la sensation des lèvres de sa Dame sur les siennes, son intensité et sa beauté si fragile et en même temps si forte. Instinctivement, il recula de quelques pas et lutta contre lui-même. Reprenant son souffle, il partit sans plus de cérémonie et dévala les escaliers. Retournant aux écuries, il sella rapidement Otello et partit sur son dos pour une longue ballade, essayant vainement de ne plus penser à Léanore, ni au désir croissant qu'il ressentait envers elle au fur et à mesure qu'il passait du temps avec elle, ni au poignard qu'il lui avait offert. Un fourreau de cuir où un entrelacs de lierres et de plantes avait été cousu, un manche de cuir fin et robuste fait de plusieurs rubans de cuir entrelacés afin de faciliter la prise tandis que le pommeau était gravé d'une tête de cheval ressemblant étrangement à Fleur et enfin, une lame aussi effilée qu'elle pouvait l'être, resplendissante et neuve. Un poignard qui pouvait passer pour le cadeau nécessaire d'un garde du corps ou d'un maître d'arme à celle qu'il servait. Comme il pouvait être une question : trancherait-elle les liens? Ou les lierait-elle?
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leanore

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MessageSujet: Re: petit boudoir   Sam 14 Sep - 21:07

Elle était encore un peu étourdie et émue par la surprise offerte par ses gens pour son anniversaire. ILs étaient humbles, simples, et pourtant tous réunis leurs souhaits avaient été riches de sincérité. Chacun avait revêtu leurs plus beaux habits, certains un peu rapiécés, Hubert s'était rasé et le jeune palefrenier avait du prendre un bain car il s'était présenté les cheveux encore humides. Ils s'étaient rassemblés dans l'entrée alors qu'elle rentrait d'une cueillette, lui offrirent un bouquet de fleurs des champs et la cuisinière lui avait dit que le soir même, elle mangerait ses mets préférés. Elle les avait remercié d'un sourire et se promit d'augmenter leurs gages, geste symbolique qu'elle ferait pour ce passage à une nouvelle année pour elle. Une petite ombre pourtant avait parcouru ses yeux. Aslas n'était pas avec eux. ETait-elle déçue, triste, agacée ? Elle tenta de chasser ses vilains sentiments, après tout il ne savait peut être pas.

Elle monta donc à l'étage pour regagner ses appartements, prendre un bain rafraichissant et se changer avant le diner. Chargée de son bouquet, elle décida donc de passer par le petit boudoir afin d'y déposer les fleurs dans un vase qui devait se trouver sur une console.

La chose faîte, elle huma les fleurs en fermant les yeux. Cela sentait bon la fidélité. Elle recula pour juger de l'effet, sourit encore et machinalement fit le tour de la pièce de son regard. Un paquet posé sur le divan retint son attention. Elle s'approcha se demandant ce que cela pouvait être. NOn la jeune servante n'aurait pas oublié là un cadeau de son galant. Le paquet en question était un tissu soyeux dans lequel se trouvait un magnifique objet. Non pas qu'il fut fait de pierreries mais de part son élégance et sa finesse. Un poignard dont elle ne voyait que le manche savamment ouvragé. Le fourreau était tout aussi beau par sa simplicité, quelques éléments naturels l'ornaient. Elle caressa le manche, comme si elle caressait celui qui avait fait ce travail. Elle retourna l'objet pour découvrir un profil équin et elle crut reconnaître celui de sa chère jument. Elle se décida enfin à dégainer doucement pour découvrir petit à petit la lame neuve qui brillait et lui renvoya un éclair dans les yeux. Elle sourit doucement, émue puis regarda encore sur le divan une carte qui pourrait lui indiquer qui pouvait lui faire un tel cadeau. Elle ne trouva rien et elle se sentit un peu idiote, réagissant soudain. Ce cadeau ne pouvait venir que d'Aslas, son écuyer, son maître d'armes. Un cadeau pour son anniversaire....... Hubert n'avait pas su tenir sa langue et Aslas avait voulu rester discret. Comme elle le reconnaissait bien là. Elle comprit alors son absence. Elle remit la lame dans le fourreau aussi doucement que lorsqu'elle l'avait sortie et soudain elle avait hâte de le revoir, le remercier, sentir son regard sur elle, ce regard d'acier comme cette lame, ce regard qui pouvait la transpercer et qui doucement et petit à petit la faisait fondre.

Elle quitta la pièce rapidement de peur de se faire surprendre, se demandant qu'elle serait la meilleure place pour ce poignard : la ceinture, le mollet, une poche. Elle demanderait conseil, il le lui donnerait et lui montrerait comment utiliser son cadeau. Surtout elle ne voulait pas croire à cet adage qui dit que lorsqu'on offre un objet coupant à quelqu'un on coupait l'amitié. Il faudra qu'il accepte l'écu d'or qu'elle lui donnerait afin de contrer ce maléfice. IL le fallait car elle ne voulait pas que ces liens se brisent.

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